Un chemin

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Technique et création

J’ai découvert la reliure par hasard, durant ma première année d’étude à l’Ecole Estienne, où j’avais initialement entamé mon cursus pour faire de l’illustration.

J’ai immédiatement senti que cet artisanat d’art me correspondait pleinement, puisqu’il était à la fois technique, créatif et artistique.

Il suffisait d’acquérir les gestes de base, pour pouvoir tout recréer, infiniment. En 15 ans d’activité, mon travail a progressivement évolué.

Créer

À mes débuts en 2004, mon travail s’articulait autour de deux axes : des recherches personnelles de nouvelles façons de relier (ma création), et le travail de commandes pour des artistes et photographes (la création des autres). J’ai ainsi pu développer à la fois mon entreprise et mon savoir-faire.
C’est en 2013 que j’ai ouvert mon atelier afin de me consacrer à plein temps à la reliure. Depuis, l’évolution de mon activité se caractérise par une place de plus en plus importante donnée aux créations de pièces uniques sur commande.

Enseigner la création

En 2014, j’ai proposé mes services à Paris Ateliers, pour la création de deux nouveaux cours innovants : la reliure de création, et la reliure de livres d’artistes. J’ai donc enseigné pendant 2 ans à trois groupes d’élèves, ce qui m’a amené à théoriser ma pratique, jusque-là très intuitive. Depuis, je donne régulièrement des stages en France et à l’étranger.

Les challenges

En 2015, mon parcours a pris un tournant crucial quand j’ai obtenu une bourse de la Fondation d’Entreprise Banque Populaire, pour réaliser un projet me tenant à coeur, celui de ma propre collection de papeterie : des carnets en papier précieux, réliés à la main, puisant dans l’une de mes principales sources d’inspiration, l’art et l’artisanat japonais. Quelques mois après, c’est cette même collection qui m’a permis de remporter le Prix de la Jeune Création Métiers d’Arts, d’Ateliers d’Art de France.

Véritable tremplin, ce concours a fait connaître mon travail dans des milieux très variés, allant du grand public intéressé par les métiers d’arts, aux collectionneurs de reliure.

Forte de ces réalisations, j’ai continué à concentrer mes efforts sur ma préoccupation principale, à savoir la reliure de création, tout en poursuivant mon ambition de donner ses lettres de noblesse à ma matière favorite, le papier, plutôt qu’au cuir traditionnel. J’ai ainsi soumis mon projet au Musée Royal de Mariemont en Belgique, qui m’attribuera sa troisième Bourse de recherche en reliure. Après plus d’un an et demi de travail est donc née la RELIURE ORIGATA et un ouvrage sur ce travail, édité chez Esperluète Éditions.

Les rencontres

Sur mon chemin, j’ai croisé des personnes dont le rôle a été déterminant. La première a sans aucun doute été Odile Douet, mon professeur à l’École Estienne. C’est elle qui m’a transmis la passion de recréer la technique de la reliure. Aujourd’hui je suis fière d’être régulièrement membre du jury des diplômes à ses côtés.

Sün Evrard est un modèle. Internationalement connue pour ses reliures aux structures innovantes, c’est une mine de savoir par qui j’ai eu la chance d’être suivie pendant mon année et demi de recherche sur la RELIURE ORIGATA.

Enfin, Renaud Vernier, maître d’art intransigeant, spécialiste de la technique classique. Notre point commun : le soucis de la perfection extrême.

Je suis très fière qu’un maître reconnaisse la qualité de mon travail et en parle à ses clients pour le faire connaître.

L’innovation

L’innovateur n’a pas une place facile, dans le domaine de la reliure : inquiétant pour les collectionneurs, mais très attractif pour les amateurs.

C’est pourtant cette voie qui me guide et m’enthousiasme : continuer de créer et d’innover sans cesse.

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